S’imprégner du réel, en recueillir l’énergie puis s’en abstraire pour laisser place à la forme, la couleur, la matière. Telle est la démarche par laquelle, à travers mon travail artistique, je tente d’interroger le monde en m’inscrivant dans la durée, prenant le temps d’approfondir ma recherche sur une même série pendant plusieurs années : série Chantiers depuis 2011, série Itinéraires depuis 2013, série Composition depuis 2015, série Planète depuis 2018.

Série Chantiers : peintures et photographies

Le chantier est un théâtre et j’en suis une spectatrice assidue. Je retiens ce qui m’enchante, m’interroge, me surprend, ce qui me fait peur, ce qui me ressemble peut être aussi, ce qui est central et ce qui est en marge.

Ce processus de travail, depuis la collecte de formes au coeur d’un des lieux les plus vivants de la ville jusqu’à l’oeuvre picturale ou photographique est pour moi riche de sens et de plaisir dans son alternance entre le terrain (le chantier) et le laboratoire (l’atelier).

Série Itinéraires : peintures et photographies

Nos déplacements fréquents, guidés par l’habitude, sont l’occasion d’observer, de sentir, de rêver. Chargées ainsi de contenus sensoriels et émotionnels, ces trajectoires récentes ou anciennes, s’inscrivent dans la mémoire, dessinant une cartographie personnelle. Ce territoire géographique et mental est la matière de mon travail.

Série Compositions

A partir d’une sélection de photographies réalisées à l’occasion de résidences artistiques, in situ, au centre d’hébergement Emmaüs Louvel Tessier, à la médiathèque Marguerite Yourcenar, à Paris et sur le territoire périphérique du tram, j’ai construit ces « Compositions » dans lesquelles le sens premier des images s’efface au bénéfice d’une nouvelle proposition rythmée, musicale, abstraite, une sorte de mise en abîme, invitant à regarder au-delà des lieux.

Série Planète

Les tableaux de cette série sont inspirés par la lecture d’articles d’analyse et de réflexion parus dans la presse et d’études universitaires traitant des problématiques de notre planète.

Justice climatique 1 évoque le jugement historique, le 5 avril 2018, de la cour suprême de Colombie ordonnant au gouvernent colombien de mettre fin à la déforestation de l’Amazonie. Les plaignants étaient un groupe de 25 enfants accompagnés par l’ONG De Justicia.

Justice climatique 2 est inspiré par les démarches de cartographie participative qui aide les villageois à surveiller leurs forêts et à lutter contre la déforestation clandestine.

Champs bleus évoque l’empreinte de la pêche industrielle dans les mers du monde et Dérive la perte des conteneurs en mer.